Panneaux fabriqués en France : ça existe vraiment, où en est-on
On me pose la question sur presque tous les chantiers depuis deux ans : « vous pouvez me poser du panneau français ? ». Je vais vous dire ce que j'ai vu passer sur mes toits, ce que disent les fabricants, et si ça change quelque chose pour votre projet maintenant que la prime à l'autoconsommation n'existe plus.
Par Gaëtan BoujuLa toiture, la pose, ce qui tient dans le temps

Mis à jour le 11 août 2026 — après l'arrêté du 1er juin 2026. Beaucoup de pages en ligne décrivent encore l'ancien régime.
Des panneaux solaires français, il y en a. Pas beaucoup
Je vais être direct : la grande majorité des panneaux qui finissent sur les toits en France viennent d'Asie. Ça, c'est un fait, pas une opinion. Mais dire qu'il n'existe aucun panneau solaire français, c'est faux. J'en ai posé. Pas des masses, mais j'en ai posé.
La filière française de fabrication panneaux solaires est petite et fragile, elle a connu plus de fermetures d'usines que d'ouvertures ces quinze dernières années. Ce qui reste debout aujourd'hui, ce sont quelques sites de production panneaux solaires qui tournent, souvent avec des cellules importées assemblées en France, parfois avec une part de fabrication de cellules elle-même. La nuance compte : un panneau assemblé en France n'a pas forcément des cellules photovoltaiques françaises.
Qui fabrique encore en France : les noms qui reviennent
Sur le marché résidentiel, deux noms reviennent régulièrement chez les installateurs avec qui je travaille.
Voltec Solar, l'usine alsacienne
Voltec Solar a son site de production à Sarre-Union, dans le Bas-Rhin. C'est une des rares usines françaises qui assemble ses panneaux sur le territoire, avec un vrai volume dédié au résidentiel. J'ai posé du Voltec sur une toiture en ardoise près d'Angers, il y a environ trois ans. Rien à dire de particulier sur la pose : ça se manipule comme n'importe quel panneau de 500 Wc, les fixations sont classiques.
Recom Sillia et les autres acteurs
Recom Sillia est un autre nom qu'on croise, avec une activité orientée vers des cellules photovoltaiques et des modules assemblés en France. D'autres marques revendiquent un assemblage français sans que la cellule elle-même le soit. C'est là qu'il faut regarder de près, parce que le mot « français » recouvre des réalités très différentes selon qu'on parle du silicium, de la cellule ou juste du montage final du panneau.
Les gigafactories annoncées : où ça en est vraiment
Plusieurs projets de sites de grande capacité ont été annoncés ces dernières années, avec l'idée de relocaliser une partie de la fabrication panneau solaire du silicium jusqu'au module fini. Certains ont pris du retard, d'autres ont été redimensionnés, un a été purement abandonné faute de financement. Je ne vais pas vous citer de date de mise en service : sur ce genre de projet industriel, les calendriers annoncés et les calendriers réels ont rarement grand-chose en commun. Ce qui est sûr aujourd'hui, c'est que la capacité française installée reste très minoritaire face aux volumes qui arrivent d'Asie.
Panneau français ou panneau importé : ce que ça change réellement
Sur le prix
Un panneau français coûte plus cher à produire. Main-d'œuvre, énergie, normes environnementales : tout pèse plus lourd qu'en Asie du Sud-Est. Sur le terrain, je vois des écarts de prix qui peuvent représenter plusieurs centaines d'euros sur une installation de 3 kWc, sans que ce soit systématique, ça dépend des marques et des périodes. Pour une installation posée entre 2,00 et 2,80 €/Wc selon la complexité de la toiture, le choix du panneau pèse dans le devis final, mais ce n'est pas le seul poste. Vous trouverez le détail des postes de coût sur notre page prix des panneaux solaires.
Sur la performance
Là, je vais vous décevoir un peu : un panneau français n'est pas plus performant qu'un bon panneau asiatique. La performance dépend de la technologie de cellule, de la puissance annoncée, du taux de dégradation dans le temps. Un panneau de qualité, français ou pas, tient ses promesses de puissance sur la durée. J'ai vu des panneaux chinois haut de gamme tenir parfaitement après dix ans d'exposition, et j'ai vu des panneaux bas de gamme, peu importe leur origine, perdre en rendement plus vite que prévu. L'origine géographique n'est pas le bon critère de tri, la qualité de fabrication l'est.
Sur l'empreinte carbone
C'est probablement là que le made in France a le plus de sens concret. Un panneau assemblé en France, avec une électricité largement décarbonée sur le réseau national, a en général une empreinte carbone de fabrication plus faible qu'un panneau assemblé dans une usine alimentée au charbon. Ce critère entre aussi en jeu dans la condition de panneaux certifiés bas carbone pour accéder à la TVA à 5,5 %, sous les conditions cumulatives en vigueur.
Garanties et disponibilité chez les installateurs
Les fabricants français annoncent des garanties produit et de performance comparables aux standards du marché, sur des durées qui tournent autour de dix à vingt-cinq ans selon les gammes. Rien d'exceptionnel par rapport aux grandes marques asiatiques établies, qui offrent des garanties du même ordre. La vraie question, c'est la disponibilité : tous les installateurs ne proposent pas de marque française, certains ne travaillent qu'avec un ou deux fournisseurs habituels. Si le critère vous tient à cœur, demandez-le explicitement dans votre demande de devis, ne présumez pas que l'installateur y pensera de lui-même.
Comment vérifier l'origine réelle d'un panneau
Un démarcheur qui vous vend du « fabriqué en France » sans autre précision, méfiez-vous. Voici ce que je regarde, moi, avant de faire confiance à l'étiquette :
- la fiche technique du panneau, qui doit mentionner le lieu d'assemblage du module
- le certificat d'origine ou l'attestation du fabricant, disponible sur demande
- la mention ou non d'un label made france reconnu, à distinguer d'un simple argument commercial
- l'origine des cellules elles-mêmes, séparée de celle du module fini
- si la TVA réduite est visée, la certification bas carbone du panneau, condition explicite du cadre fiscal actuel
En cas de doute sur un discours commercial trop pressant ou sur une origine qui semble gonflée, la DGCCRF traite les litiges liés au démarchage et aux allégations trompeuses. Le centre de ressources photovoltaique.info donne aussi des repères indépendants sur les technologies et les fabricants.
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Le made in France a-t-il un intérêt sans la prime à l'autoconsommation
Voilà le vrai changement de contexte. Depuis le 5 juin 2026, la prime à l'autoconsommation est supprimée pour toute nouvelle demande de raccordement. Le surplus revendu est payé 1,1 c€/kWh, un tarif qui ne compense presque plus rien face au prix payé pour l'électricité achetée au réseau. Ce cadre vient de l'arrêté du 1er juin 2026, vous en trouverez le détail complet sur notre page dédiée aux aides 2026.
Concrètement, ça déplace le curseur. Avant, on pouvait construire un projet en comptant sur une prime au kWc installé, peu importe l'origine du panneau. Aujourd'hui, ce qui compte, c'est de consommer un maximum de sa propre production, pas de la revendre à perte. Le choix du panneau français ou pas ne change rien à ce calcul d'autoconsommation. Ce qui change le calcul, c'est le dimensionnement de l'installation par rapport à votre consommation réelle, et la qualité du matériel, quelle que soit son origine. Notre guide sur l'autoconsommation détaille comment raisonner ce dimensionnement.
Si le made in France vous intéresse pour des raisons d'empreinte carbone ou pour accéder à la TVA réduite sous ses conditions cumulatives, c'est un choix légitime. Mais ne l'attendez pas comme un levier de rentabilité supplémentaire : ce levier-là a disparu avec la prime, pas avec l'origine du panneau.
Ce qu'il faut retenir avant de choisir
- La filière française existe, elle reste minoritaire face aux volumes asiatiques.
- Voltec Solar et Recom Sillia sont les noms les plus présents sur le résidentiel.
- Un panneau français coûte plus cher, sans être plus performant qu'un bon panneau asiatique.
- L'intérêt principal du made in France se joue sur l'empreinte carbone et l'accès à la TVA réduite.
- La prime à l'autoconsommation a disparu depuis juin 2026, quelle que soit l'origine du matériel choisi.
Ce que vous pouvez faire maintenant
Avant de vous décider sur l'origine du panneau, relevez votre consommation électrique annuelle, regardez l'orientation et l'état de votre toiture. Ce sont ces éléments-là qui dimensionnent votre projet, pas l'étiquette du fabricant. Une fois ces repères en main, demandez plusieurs devis à des installateurs de votre commune : précisez que vous voulez comparer une option française et une option asiatique, sur le même dimensionnement, avec le détail des garanties. Vous verrez vite si l'écart de prix se justifie pour vous. Notre guide des prix des panneaux solaires vous aide à lire un devis ligne par ligne avant de signer quoi que ce soit.
Panneaux français : qu'avez-vous retenu ?
4 questions · corrigé expliqué · rien n'est enregistré
Ces questions valent pour le principe. Pour vos chiffres, il faut votre toiture : décrivez votre projet en deux minutes et comparez jusqu'à trois devis d'installateurs certifiés RGE de votre commune.
Questions fréquentes
Existe-t-il encore des panneaux solaires fabriqués en France ?
Oui, mais en quantité limitée. Voltec Solar à Sarre-Union et Recom Sillia sont les noms qui reviennent le plus souvent sur le marché résidentiel, avec un assemblage réalisé sur le territoire français.
Quelles sont les marques françaises de panneaux photovoltaïques ?
Voltec Solar et Recom Sillia sont les deux acteurs les plus visibles chez les installateurs. D'autres marques revendiquent un assemblage français, il faut alors vérifier si les cellules elles-mêmes sont produites en France ou seulement importées puis assemblées.
Les panneaux français sont-ils plus chers que les panneaux chinois ?
Généralement oui, l'écart peut représenter plusieurs centaines d'euros sur une installation de 3 kWc. Le coût de main-d'œuvre et les normes environnementales pèsent plus lourd dans la fabrication française.
Un panneau made in France est-il plus performant ?
Pas nécessairement. La performance dépend de la technologie de cellule et de la qualité de fabrication, pas de l'origine géographique. Un bon panneau asiatique peut tenir aussi bien qu'un panneau français sur la durée.
Vaut-il mieux choisir un panneau français maintenant que la prime à l'autoconsommation a disparu ?
La suppression de la prime, effective depuis le 5 juin 2026, ne change rien au choix de l'origine du panneau. Ce qui compte désormais, c'est de bien dimensionner l'installation pour maximiser l'autoconsommation plutôt que la revente du surplus, payée seulement 1,1 c€/kWh.