Tarif de rachat photovoltaïque 2026 : ce que vous allez vraiment toucher
Un arrêté a changé la donne au printemps 2026. Si vous préparez un devis en ce moment, mieux vaut savoir exactement ce qu'EDF OA vous rachètera, et ce qui a disparu en route. Voici le barème tel qu'il est, sans arrondi optimiste.
Par Nadia FerrandL'argent : ce que ça coûte, ce que ça rapporte, ce qu'on vous cache

Mis à jour le 11 août 2026 — après l'arrêté du 1er juin 2026. Beaucoup de pages en ligne décrivent encore l'ancien régime.
Le nouveau barème 2026, sans détour
Depuis le 5 juin 2026, un texte a changé deux choses en même temps : la prime à l'autoconsommation et le tarif de rachat du surplus. L'arrêté du 1er juin 2026 (qui modifie celui du 6 octobre 2021, si vous voulez vérifier vous-même sur Légifrance) fixe le tarif de rachat du surplus à 1,1 c€/kWh HT. Un centime dix. Pas 10 centimes, pas 11 centimes : 1,1. J'ai relu trois fois en préparant cet article, tellement l'écart avec les anciens barèmes est grand.
Ce tarif est unifié de 0 à 100 kWc, contrat signé pour 20 ans, indexé de 2 % par an. Pour une maison avec 3 ou 6 kWc en toiture, ça revient concrètement au même taux qu'un hangar agricole plus gros. La logique de palier par puissance, qui existait avant, a disparu avec ce texte.
Et la vente en totalité ?
Fermée. Pour les installations d'au plus 9 kWc, ce qui couvre l'immense majorité des toitures résidentielles, vous ne pouvez plus signer de contrat où EDF OA rachète toute votre production. Seule reste la vente du surplus, c'est-à-dire l'électricité que vous ne consommez pas vous-même au moment où elle est produite.
La prime à l'autoconsommation : elle n'existe plus
Autant le dire clairement, parce que je vois encore des devis d'installateurs qui la mentionnent : la prime à l'autoconsommation est supprimée depuis le 5 juin 2026, pour toute demande complète de raccordement déposée à partir de cette date. Au premier trimestre 2026, elle valait 80 € par kWc pour les installations d'au plus 9 kWc. Ce montant appartient au passé pour les nouveaux dossiers.
Si votre dossier de raccordement était complet avant le 5 juin, vous gardez vos droits acquis. C'est la règle du texte, sans ambiguïté. Pour tout projet qui démarre maintenant, il faut construire son calcul sans cette ligne. Ça change le tableur, forcément.
Ce que dit vraiment le texte
- La suppression s'applique aux demandes complètes de raccordement déposées à compter du 5 juin 2026.
- Les dossiers complets déposés avant cette date conservent leurs droits antérieurs.
- La vente en totalité est fermée pour les installations d'au plus 9 kWc, seul le surplus se vend désormais.
Comment on est arrivés là depuis 2025
Le tarif de rachat n'a jamais été un long fleuve tranquille. Il baisse par paliers depuis des années, au rythme des appels d'offres et des révisions trimestrielles. En 2026, ce n'est pas seulement le niveau du tarif qui change : c'est un des deux leviers qui rendaient l'équation intéressante qui disparaît. Avant, on avait la prime à l'investissement d'un côté, le tarif de rachat de l'autre. Maintenant il ne reste que le second, et il est plus bas qu'avant.
Je ne vais pas refaire l'historique complet des barèmes trimestriels, ce serait fastidieux et peu utile pour votre décision d'aujourd'hui. Ce qui compte, c'est où on en est : 1,1 c€/kWh pour le surplus, zéro prime, vente en totalité fermée sous 9 kWc. Un cadre plus sobre que celui d'il y a un an.
Ce que ça change pour votre calcul
Reprenons une installation de 3 kWc, posée pour un montant compétitif autour de 2,00 €/Wc, soit dans les 6 000 à 8 400 € avant aides selon la complexité de la toiture. À Brest, une telle installation plein sud produit de l'ordre de 3 400 kWh par an d'après les estimations PVGIS. Si une bonne partie part en surplus, disons la moitié pour l'exemple, ça fait environ 1 700 kWh vendus par an. À 1,1 c€/kWh, ça représente autour de 18 à 19 € par an. Pas 18 € par mois. Par an.
C'est peu, et il faut le dire tel quel. Le surplus vendu à ce tarif ne rembourse quasiment rien de l'installation à lui seul. Ce qui rapporte réellement, c'est l'électricité qu'on ne rachète plus au fournisseur parce qu'on la consomme soi-même au moment où elle est produite. La revente du surplus reste un petit complément, pas un moteur de rentabilité.
Ça pousse mécaniquement vers l'autoconsommation la plus poussée possible : programmer le lave-linge et le chauffe-eau sur les heures de production, décaler ce qu'on peut décaler. Le sujet mérite plus de détail que ce que je peux poser ici, j'en parle plus longuement sur la page autoconsommation solaire du site.
La TVA réduite, un vrai levier resté en place
Pendant qu'on parle de ce qui a disparu, autant rappeler ce qui tient encore. Depuis le 1er octobre 2025, la TVA à 5,5 % s'applique sous conditions cumulatives : puissance d'au plus 9 kWc, panneaux certifiés bas carbone, dispositif de suivi de production et de consommation installé. Sans ces trois conditions réunies, c'est 20 %. Les batteries de stockage, elles, restent taxées à 20 % dans tous les cas, prime ou pas prime.
Cette TVA réduite pèse plus lourd dans le calcul final que la prime disparue, pour beaucoup de projets. Sur une installation à 8 000 €, la différence entre 5,5 % et 20 % représente plus d'un millier d'euros. Ça vaut le coup de vérifier avec l'installateur que le matériel proposé coche bien les trois cases.
Et les aides locales ?
L'ancien arrêté interdisait de cumuler une aide locale avec la prime à l'autoconsommation. La prime ayant disparu, cet obstacle ne s'applique plus mécaniquement aux nouveaux dossiers. Chaque collectivité fixe ses propres règles de cumul, ça reste à vérifier au cas par cas auprès de votre mairie ou de votre région. Un panorama plus complet des aides disponibles se trouve sur la page aides aux panneaux solaires en 2026.
Comment obtenir le contrat de rachat EDF OA
La démarche en elle-même n'a pas changé dans son déroulement, seulement dans son contenu. Il faut, dans l'ordre :
- Faire réaliser l'installation par un professionnel, idéalement certifié RGE si vous voulez ouvrir droit à certaines aides ou à la TVA réduite
- Déposer la demande de raccordement auprès d'Enedis, avec le schéma électrique et les caractéristiques de l'installation
- Signer le contrat d'achat avec EDF OA une fois le raccordement effectué
- Installer le compteur communicant qui mesure ce qui part sur le réseau
- Recevoir le règlement du surplus vendu, généralement une fois par an
Le raccordement lui-même reste piloté par Enedis, dont le site détaille les délais et la procédure technique. Rien de nouveau côté tuyauterie administrative, seul le montant au bout de la chaîne a changé.
Économies et durée d'amortissement
Le calcul honnête : hypothèses affichées, prime supprimée, surplus au tarif en vigueur.
Le tarif va-t-il encore baisser ?
Je n'ai pas de boule de cristal, et je me méfie de qui prétend en avoir une sur ce sujet. Ce que je peux dire, c'est que le mouvement des dix dernières années va dans un seul sens : la baisse, par paliers, avec parfois une révision qui change plus que le taux, comme celle de juin 2026 qui a supprimé un dispositif entier. Rien n'indique un retournement. Si un projet ne tient debout financièrement qu'en misant sur un tarif de rachat futur plus généreux, c'est un projet fragile dès le départ.
Ce que je regarderais avant de signer un devis
Un chiffre seul ne dit rien. Ce qui compte, c'est votre consommation réelle, l'orientation de votre toit, et le prix au watt-crête qu'on vous propose. Deux devis pour la même puissance peuvent s'écarter de plusieurs centaines d'euros sans raison technique valable : la comparaison sert à ça, pas à chercher le moins cher à tout prix, mais à repérer ce qui ne se justifie pas.
Avant tout rendez-vous avec un installateur, relevez votre consommation annuelle sur votre dernière facture, regardez l'orientation et l'inclinaison de votre toiture, et demandez plusieurs devis chiffrés pour comparer prix au watt et matériel proposé. Le site permet de comparer les prix des panneaux solaires selon votre profil, et de demander des devis à des installateurs de votre commune pour mettre ces chiffres en face des vôtres. Si vous êtes dans le sud, les pages dédiées aux Alpes-Maritimes ou à l'Aude donnent des repères locaux utiles avant de solliciter un premier chiffrage.
Tarif de rachat 2026 : avez-vous les bons chiffres ?
4 questions · corrigé expliqué · rien n'est enregistré
Ces questions valent pour le principe. Pour vos chiffres, il faut votre toiture : décrivez votre projet en deux minutes et comparez jusqu'à trois devis d'installateurs certifiés RGE de votre commune.
Questions fréquentes
Quel est le tarif de rachat photovoltaïque en 2026 ?
Le tarif de rachat du surplus est fixé à 1,1 c€/kWh HT depuis le 5 juin 2026, sur un contrat de 20 ans indexé de 2 % par an. Il est unifié pour toutes les puissances de 0 à 100 kWc.
La prime à l'autoconsommation existe-t-elle encore en 2026 ?
Non, elle est supprimée depuis le 5 juin 2026 pour toute demande complète de raccordement déposée à partir de cette date. Les dossiers complets déposés avant cette date conservent leurs droits antérieurs.
Combien rapporte la vente du surplus d'électricité solaire en 2026 ?
À 1,1 c€/kWh, la vente du surplus reste un complément modeste. Pour une installation de 3 kWc revendant environ 1 700 kWh de surplus par an, ça représente de l'ordre de 18 à 19 € annuels, avant impôts.
Faut-il encore vendre son surplus ou privilégier l'autoconsommation totale en 2026 ?
Avec ce niveau de tarif, l'intérêt financier se déplace vers l'électricité consommée directement plutôt que vendue. Décaler ses usages (chauffe-eau, lave-linge) sur les heures de production reste le levier le plus efficace.
Comment bénéficier du contrat de rachat EDF OA en 2026 ?
Il faut faire installer le système par un professionnel, déposer la demande de raccordement auprès d'Enedis, puis signer le contrat d'achat avec EDF OA une fois le compteur communicant posé. Le règlement du surplus intervient ensuite, en général une fois par an.