Facturer sa production solaire à EDF OA : comment ça marche vraiment ?
Vous avez signé un contrat avec EDF OA pour vendre votre surplus, et vous vous demandez qui envoie la facture, quand tombe le virement, combien ça pèse vraiment. Je vous montre le mécanisme tel qu'il fonctionne aujourd'hui, chiffres à l'appui, sans promesse ni prime qui n'existe plus.
Par Nadia FerrandL'argent : ce que ça coûte, ce que ça rapporte, ce qu'on vous cache

Mis à jour le 11 août 2026 — après l'arrêté du 1er juin 2026. Beaucoup de pages en ligne décrivent encore l'ancien régime.
Qui facture quoi, au juste ?
Première chose à comprendre, et elle surprend souvent : vous n'avez rien à facturer. C'est EDF OA qui vous règle, sur la base de votre production injectée, sans que vous ayez à établir le moindre document. Dans un système d'autoconsommation avec vente du surplus, votre toiture produit de l'électricité, vous en consommez une partie chez vous, et le reste part sur le réseau. Ce surplus-là, EDF Obligation d'Achat (OA) s'engage à le racheter pendant vingt ans, à un tarif fixé par contrat.
Le mot « facturer » dans le titre de travail de cet article est donc un peu trompeur. Vous ne remplissez pas de facture Excel à envoyer par mail. Le compteur Linky relève votre production injectée, la donnée remonte à Enedis, puis à EDF OA, qui calcule et vous paie. Votre rôle se limite à avoir signé le bon contrat, et à vérifier que les chiffres qui tombent correspondent à ce que vous avez réellement produit.
Le rôle du compteur Linky dans tout ça
Sans Linky, pas de vente de surplus possible, ou alors avec un compteur de production dédié posé en plus. Le compteur communicant mesure deux flux distincts : ce que vous injectez sur le réseau (votre surplus) et ce que vous soutirez (ce que vous achetez à votre fournisseur quand votre production ne suffit pas). Ces deux courbes remontent automatiquement à Enedis, qui les transmet à EDF OA pour le calcul du règlement.
Concrètement, vous pouvez suivre ces données vous-même via votre espace client Enedis ou l'application associée au compteur. C'est utile pour vérifier que les montants versés sont cohérents avec ce que vos onduleurs affichent de leur côté. Un écart ponctuel arrive, souvent lié à un relevé manquant ou à un décalage de synchronisation. Un écart qui dure, en revanche, mérite un appel.
Le tarif de rachat en 2026 : 1,1 c€/kWh, et pas un centime de prime en plus
Voici le chiffre qui fait la différence entre ce que vous espériez et ce que vous allez toucher. Depuis l'arrêté du 1er juin 2026 (NOR ECOR2609281A, publié au Journal officiel le 4 juin 2026, entré en vigueur le lendemain), le tarif de rachat du surplus est fixé à 1,1 centime d'euro par kilowattheure, hors taxes, pour un contrat de vingt ans indexé de 2 % par an. Ce tarif est unifié de 0 à 100 kWc, et la vente en totalité reste fermée pour les installations d'au plus 9 kWc, ce qui concerne la quasi-totalité des particuliers.
Et la prime à l'autoconsommation, celle qu'on voit encore citée sur certains sites ou par certains commerciaux au téléphone ? Elle est supprimée depuis le 5 juin 2026, pour toute demande complète de raccordement déposée à partir de cette date. Pour mémoire, elle valait 80 € par kWc installé au premier trimestre 2026, pour les installations jusqu'à 9 kWc. Si votre dossier était complet avant cette date, vous conservez vos droits. Sinon, il faut faire le calcul sans elle, ce qui change la perspective de rentabilité. Le texte complet se trouve sur Légifrance, si vous voulez vérifier par vous-même plutôt que croire un installateur sur parole.
Les chiffres à retenir en 2026
- Tarif de rachat du surplus : 1,1 c€/kWh HT, contrat de 20 ans, indexé 2 % par an.
- Prime à l'autoconsommation : supprimée depuis le 5 juin 2026 pour les nouveaux dossiers.
- TVA réduite à 5,5 % possible sous trois conditions cumulatives (puissance, panneaux bas carbone, suivi de production).
- Vente en totalité fermée au-delà de 9 kWc, tarif unifié de 0 à 100 kWc.
Calculer ce que vous allez vraiment toucher
Prenons un exemple simple, avec des hypothèses posées avant le résultat. Une installation de 3 kWc plein sud produit, selon la région, entre 3 400 kWh par an à Brest et 4 600 kWh par an dans les zones les plus ensoleillées, d'après les estimations PVGIS. Si vous autoconsommez la moitié de cette production, ce qui est un ordre de grandeur courant pour un foyer présent en journée, il vous reste 1 700 à 2 300 kWh de surplus injecté chaque année.
À 1,1 c€/kWh, ce surplus rapporte entre 18,70 € et 25,30 € par an, avant indexation. Je l'écris en toutes lettres parce que le chiffre surprend : on ne parle plus de centaines d'euros par an de revente, comme ça pouvait être le cas avec d'anciens tarifs bien plus élevés. Le bénéfice d'une installation solaire aujourd'hui vient de l'autoconsommation, c'est-à-dire de l'électricité que vous ne payez plus à votre fournisseur, pas de la vente du surplus. Pour comprendre où se loge vraiment l'intérêt économique, la page sur la rentabilité des panneaux solaires sans la prime détaille le calcul complet, investissement compris.
Ce tarif de 1,1 c€/kWh est à comparer avec ce que vous payez votre électricité au fournisseur, souvent quinze à vingt fois plus cher du kWh. D'où l'intérêt, pour beaucoup de foyers, de dimensionner leur installation pour consommer un maximum de leur propre production plutôt que de viser une grosse puissance destinée à la revente. Le détail du mécanisme de calcul et des tarifs par tranche de puissance figure sur la page tarif de rachat photovoltaïque.
Et la fiscalité, dans tout ça ?
Les revenus tirés de la vente du surplus doivent en principe être déclarés aux impôts, sous certaines conditions liées à la puissance de l'installation et au caractère non professionnel de l'activité. Je ne vais pas vous faire ici un cours de fiscalité que je ne maîtrise pas à ce niveau de détail : la bonne adresse reste service-public.fr, qui détaille les seuils et les régimes applicables aux particuliers producteurs d'électricité solaire. Un conseil tout bête : gardez une trace de vos relevés de production année par année, ça évite de chercher les papiers au dernier moment.
Les documents à fournir : moins qu'on ne le croit
Si votre installation est déjà raccordée et votre contrat EDF OA signé, vous n'avez en réalité rien à transmettre de façon régulière. Tout passe par le compteur Linky et les systèmes d'Enedis. Les démarches administratives, les vraies, ont lieu en amont, au moment du raccordement et de la signature du contrat :
- Attestation de conformité de l'installation électrique (Consuel), transmise avant la mise en service
- Convention de raccordement signée avec Enedis
- Contrat d'achat signé avec EDF OA, précisant la puissance, le tarif et la durée
- Relevé d'identité bancaire pour le versement des sommes dues
- Attestation sur l'honneur de la puissance installée, parfois demandée selon les dossiers
Une fois ces pièces validées, le système tourne seul. Vous n'avez plus à relancer personne, sauf en cas d'anomalie de versement ou de changement de situation (déménagement, revente du logement, changement de titulaire du contrat).
À quelle fréquence tombe le virement ?
EDF OA verse les sommes dues selon une périodicité qui dépend de la puissance de l'installation, en général annuelle pour les petites installations résidentielles. Un versement annuel pour un surplus qui rapporte une vingtaine d'euros, ça peut sembler presque anecdotique, et c'est honnêtement le cas. Mieux vaut le voir comme un petit geste qui s'additionne sur vingt ans, indexé chaque année de 2 %, plutôt que comme un revenu mensuel sur lequel compter pour le budget du foyer.
Le relevé de compteur sert de base de calcul, l'index injecté étant comparé d'une période à l'autre. Si vous avez un doute sur un montant reçu, le réflexe à avoir est de comparer la production affichée par votre onduleur sur la même période avec l'historique disponible dans votre espace Enedis, avant d'appeler le service client EDF OA.
Économies et durée d'amortissement
Le calcul honnête : hypothèses affichées, prime supprimée, surplus au tarif en vigueur.
Pourquoi la prime a disparu, et ce que ça change pour vous
L'arrêté du 1er juin 2026 a mis fin à la prime à l'autoconsommation pour toute demande complète de raccordement déposée depuis le 5 juin 2026. Si vous installez aujourd'hui, ce coup de pouce au moment de l'achat n'existe plus, et il faut en tenir compte dans le plan de financement, pas après coup. Le solaire résidentiel garde du sens, mais le calcul repose désormais presque entièrement sur ce que vous ne payez pas à votre fournisseur, et beaucoup moins sur ce qu'EDF OA vous verse pour le surplus.
Les aides locales, elles, restent théoriquement possibles, puisque l'interdiction de cumul qui existait avec la prime nationale ne s'applique plus à un dispositif supprimé. Chaque collectivité fixe cependant ses propres règles, et elles changent souvent. Le point complet sur ce qui reste mobilisable se trouve sur la page aides aux panneaux solaires en 2026. Si vous êtes dans l'Ain ou l'Aisne, les pages dédiées à votre département et à l'Aisne recensent les dispositifs locaux connus.
Ce qu'il vous reste à faire, concrètement
Si votre installation tourne déjà, le plus simple est de prendre dix minutes pour comparer votre relevé Linky, le compteur de votre onduleur et le dernier montant versé par EDF OA. Un tableur basique suffit, pas besoin d'un logiciel compliqué. Si un écart vous semble anormal, contactez le service client EDF OA avant de vous inquiéter outre mesure : souvent, c'est un simple décalage de relevé.
Si vous n'avez pas encore installé, le point de départ n'est pas le tarif de rachat, trop faible pour être décisif, mais votre propre consommation. Combien d'électricité consommez-vous en journée, quand le soleil tape ? C'est cette part-là qui déterminera si l'investissement a du sens chez vous. Pour creuser le calcul complet, investissement et économies comprises, la page prix des panneaux solaires donne les repères de coût, et vous pouvez ensuite comparer des devis d'installateurs de votre commune pour voir si les chiffres qu'on vous propose tiennent la route face à ces ordres de grandeur.
EDF OA vous paie, mais savez-vous comment ?
4 questions · corrigé expliqué · rien n'est enregistré
Ces questions valent pour le principe. Pour vos chiffres, il faut votre toiture : décrivez votre projet en deux minutes et comparez jusqu'à trois devis d'installateurs certifiés RGE de votre commune.
Questions fréquentes
Comment facturer sa production solaire à EDF OA ?
Vous n'avez rien à facturer vous-même. Le compteur Linky relève votre production injectée sur le réseau, et EDF OA calcule et verse directement le montant dû, sur la base du tarif fixé dans votre contrat.
Quels documents faut-il fournir pour être payé par EDF OA ?
L'essentiel se joue en amont : attestation Consuel, convention de raccordement Enedis, contrat signé avec EDF OA et un RIB. Une fois ces pièces validées, aucun document régulier n'est à renvoyer.
À quelle fréquence EDF OA verse-t-il les paiements ?
Pour une installation résidentielle classique, le versement intervient le plus souvent une fois par an, calculé sur la production injectée relevée par le compteur Linky.
Quel est le tarif de rachat du surplus en 2026 ?
Le tarif est fixé à 1,1 c€/kWh hors taxes, dans un contrat de vingt ans indexé de 2 % par an, selon l'arrêté du 1er juin 2026 publié au Journal officiel.
La prime à l'autoconsommation existe-t-elle encore ?
Non. Elle est supprimée depuis le 5 juin 2026 pour toute demande complète de raccordement déposée à partir de cette date. Les dossiers complets avant cette date conservent leurs droits.
Faut-il déclarer les revenus de la revente de surplus aux impôts ?
Dans de nombreux cas, oui, sous conditions liées à la puissance et au caractère non professionnel de l'activité. Le détail des seuils et régimes applicables figure sur service-public.fr.