Revendre son électricité solaire : ce qu'il en reste vraiment à toucher
Un tarif de rachat tombé à 1,1 c€/kWh, une prime à l'autoconsommation qui n'existe plus depuis juin 2026 : la revente d'électricité solaire a changé de visage. Voici ce qu'elle rapporte réellement aujourd'hui, avec un calcul posé noir sur blanc, pas une promesse en l'air.
Par Nadia FerrandL'argent : ce que ça coûte, ce que ça rapporte, ce qu'on vous cache

Mis à jour le 11 août 2026 — après l'arrêté du 1er juin 2026. Beaucoup de pages en ligne décrivent encore l'ancien régime.
Ce qui a changé, et pourquoi ça mérite qu'on s'y arrête
Il fut un temps où revendre son électricité solaire rapportait un peu plus que des cacahuètes. Ce temps est révolu. Depuis le 5 juin 2026, la prime à l'autoconsommation a disparu pour toute demande complète de raccordement déposée à partir de cette date. L'arrêté du 1ᵉʳ juin 2026 l'acte, publié au Journal officiel le 4 juin et consultable sur Légifrance. Les dossiers complets déposés avant gardent leurs droits, mais pour un projet qui démarre aujourd'hui, cette prime ne rentre plus dans le calcul.
Pour mémoire, elle valait 80 €/kWc au premier trimestre 2026 pour les installations d'au plus 9 kWc. Ce n'est plus qu'un chiffre d'archive. Le tarif de rachat du surplus a aussi été révisé : il tombe à 1,1 c€/kWh HT, sur un contrat de vingt ans indexé de 2 % par an. Ce tarif est désormais unifié de 0 à 100 kWc, ce qui simplifie les choses mais ne les rend pas plus généreuses.
Combien ça rapporte, concrètement, en 2026 ?
Prenons une installation de 3 kWc, orientation plein sud, la configuration la plus courante sur les toitures de particuliers. Selon la localisation, la production tourne autour de 3 400 kWh par an dans le nord-ouest jusqu'à 4 600 kWh par an dans les zones les plus ensoleillées, d'après les estimations de PVGIS. Ces chiffres varient avec l'orientation, l'inclinaison, l'ombre du chêne du voisin.
Si un foyer autoconsomme environ 40 % de cette production et revend le reste, ça donne, pour 4 000 kWh produits par an : 1 600 kWh autoconsommés, et 2 400 kWh de surplus injecté sur le réseau. À 1,1 c€/kWh, ce surplus rapporte 26 € bruts sur l'année. Vingt-six euros. Le prix d'un plein d'essence, à peu près. Ce n'est plus un revenu sur lequel bâtir un plan de financement.
Le calcul posé simplement
- Production annuelle estimée : 4 000 kWh (installation 3 kWc, exemple).
- Part autoconsommée (hypothèse 40 %) : 1 600 kWh, valeur non vendue mais économisée sur la facture.
- Surplus revendu : 2 400 kWh × 1,1 c€/kWh = 26,40 € bruts par an.
- Sur vingt ans, indexation de 2 % par an comprise, le total reste de l'ordre de quelques centaines d'euros, pas plus.
Vendre en totalité ou vendre le surplus : la question ne se pose même plus
Certains propriétaires demandent encore si la vente en totalité de leur production reste possible. La réponse est simple : non, pas pour les installations d'au plus 9 kWc, ce qui couvre la quasi-totalité des toitures résidentielles. Cette option est fermée. Il ne reste que la vente du surplus, ce qui, avec un tarif à 1,1 c€/kWh, change la logique du projet.
Concrètement, ça veut dire que l'intérêt économique d'une installation solaire se joue presque entièrement sur l'autoconsommation, pas sur la revente. Chaque kWh que vous consommez vous-même vaut le prix de l'électricité que vous n'achetez pas à votre fournisseur, généralement bien plus que 1,1 centime. Le surplus revendu ne fait qu'ajouter un petit complément, presque symbolique.
Autoconsommer plutôt que revendre : le vrai calcul de rentabilité
On pourrait résumer ça d'une phrase : chaque kWh autoconsommé vaut de l'or, chaque kWh revendu vaut une pièce jaune. C'est un peu court, mais ça donne le ton. Une installation dimensionnée pour coller au plus près à la consommation du foyer, plutôt qu'à sa surface de toit disponible, a plus de chances de rester intéressante sur la durée. Le site propose un guide sur l'autoconsommation solaire qui détaille comment maximiser la part consommée sur place, avec des habitudes simples : lancer le lave-linge à midi plutôt qu'à 20 h, décaler la recharge du véhicule électrique sur les heures de production.
Pour évaluer si un projet reste rentable dans ces conditions, mieux vaut poser tous les paramètres avant de se lancer : coût de pose, TVA applicable, production attendue, part réellement autoconsommée. Le guide sur la rentabilité des panneaux solaires en 2026 reprend ce calcul en détail, sans la prime, tel qu'il se pose aujourd'hui.
Et le tarif de rachat, on peut encore compter dessus dans vingt ans ?
Le contrat signé aujourd'hui court sur vingt ans, indexé chaque année de 2 %. Ça ne fait pas beaucoup grimper 1,1 centime. Le guide sur le tarif de rachat photovoltaïque en 2026 détaille l'historique de cette baisse et ce qu'elle implique pour un contrat signé maintenant.
Ce que ça change pour le prix de votre installation
Sans la prime, le calcul du reste à charge se fait différemment. Un système de 3 kWc, posé dans des conditions standard, coûte généralement entre 6 000 et 8 400 € avant aides, un peu plus pour une toiture complexe ou de l'ardoise. Pour 6 kWc, comptez plutôt entre 12 000 et 16 500 €. Ces montants, avant la disparition de la prime, étaient un peu allégés. Ce n'est plus le cas pour les nouveaux dossiers.
Il reste un levier fiscal : la TVA à 5,5 % s'applique depuis le 1er octobre 2025, sous trois conditions cumulatives, puissance d'au plus 9 kWc, panneaux certifiés bas carbone, dispositif de suivi de production et de consommation installé. Sans ces trois conditions réunies, c'est 20 %, et l'écart sur une facture de 8 000 € n'est pas anecdotique. Le guide sur la TVA à 5,5 % pour les panneaux solaires détaille chaque condition pour vérifier qu'elle s'applique bien à votre projet. Pour le reste des aides encore actives ou disparues, un tour sur le guide des aides aux panneaux solaires en 2026 fait gagner du temps.
Économies et durée d'amortissement
Le calcul honnête : hypothèses affichées, prime supprimée, surplus au tarif en vigueur.
Ce qu'il faut retenir avant de signer un devis
- La prime à l'autoconsommation est supprimée pour toute demande complète de raccordement déposée depuis le 5 juin 2026.
- Le tarif de rachat du surplus est de 1,1 c€/kWh HT, contrat sur vingt ans, indexé 2 % par an.
- La vente en totalité est fermée pour les installations d'au plus 9 kWc : il ne reste que la vente du surplus.
- La rentabilité d'un projet dépend désormais presque uniquement de la part d'électricité autoconsommée, pas de la revente.
- La TVA à 5,5 % reste possible sous trois conditions cumulatives précises.
Une chose à ne pas perdre de vue : chaque collectivité fixe ses propres règles pour ses aides locales, et l'obstacle qui empêchait de cumuler une aide locale avec la prime disparaît puisque la prime elle-même n'existe plus. Ça pourrait, selon les cas, redonner un peu d'air au budget. À vérifier au cas par cas auprès de votre mairie ou intercommunalité.
Ce qu'un devis sérieux doit préciser
- Le prix au Wc posé, TVA comprise ou non, clairement indiqué.
- La puissance en kWc et le nombre de panneaux, pour vérifier la cohérence avec votre toiture.
- La mention explicite du tarif de rachat applicable et de la durée du contrat d'obligation d'achat.
- Si un installateur promet encore une prime à l'autoconsommation pour un nouveau dossier, c'est un signal à prendre très au sérieux, dans le mauvais sens.
Passer à l'étape suivante : vérifier ce que ça donne chez vous
Tous ces chiffres restent des exemples. Votre toiture, votre consommation, votre région ne sont pas celles du calcul ci-dessus. La première chose à faire, c'est de relever votre consommation annuelle réelle, celle qui figure sur vos factures EDF ou de votre fournisseur, puis de regarder l'orientation et la surface disponible sur votre toit. Ensuite, ça vaut le coup de demander des devis, pour comparer des prix réels et des dimensionnements adaptés à votre maison plutôt qu'à un modèle théorique. Le site permet de comparer les prix des panneaux solaires pour situer une offre, et de trouver des installateurs par département, comme pour les panneaux solaires dans l'Ain ou les panneaux solaires dans l'Aisne. Une chose reste vraie, prime ou pas : un devis sérieux se compare, jamais ne se signe le jour même.
Revente d'électricité solaire : qu'avez-vous retenu ?
4 questions · corrigé expliqué · rien n'est enregistré
Ces questions valent pour le principe. Pour vos chiffres, il faut votre toiture : décrivez votre projet en deux minutes et comparez jusqu'à trois devis d'installateurs certifiés RGE de votre commune.
Questions fréquentes
Combien rapporte la revente d'électricité solaire en 2026 ?
Pour un surplus de 2 400 kWh revendu à 1,1 c€/kWh, ça donne environ 26 € bruts par an. Le montant réel dépend de votre production et de la part que vous autoconsommez déjà.
Pourquoi la prime à l'autoconsommation a-t-elle été supprimée ?
L'arrêté du 1ᵉʳ juin 2026, publié au Journal officiel, supprime cette prime pour toute demande complète de raccordement déposée à partir du 5 juin 2026. Les dossiers complets déposés avant cette date conservent leurs droits.
Quel est le tarif de rachat du surplus aujourd'hui ?
Il est fixé à 1,1 c€/kWh HT, sur un contrat de vingt ans indexé de 2 % par an, et ce tarif est désormais unifié pour toutes les puissances de 0 à 100 kWc.
Vaut-il mieux autoconsommer ou revendre son surplus ?
Autoconsommer reste presque toujours plus intéressant : chaque kWh consommé sur place vaut le prix de l'électricité non achetée, généralement bien plus que 1,1 centime revendu. Le surplus n'est qu'un petit complément.
Le photovoltaïque reste-t-il rentable sans la prime ?
Ça dépend surtout de votre consommation, de l'orientation du toit et du prix payé à l'installation. Le calcul se fait au cas par cas, sans la prime, en s'appuyant sur l'autoconsommation plutôt que sur la revente.